{"id":9108,"date":"2026-08-21T19:40:44","date_gmt":"2026-08-21T17:40:44","guid":{"rendered":"https:\/\/www.beatricevenezi.it\/?p=9108"},"modified":"2026-08-21T19:41:48","modified_gmt":"2026-08-21T17:41:48","slug":"la-rondine-o-del-ricordo","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.beatricevenezi.it\/fr\/la-rondine-o-del-ricordo\/","title":{"rendered":"L'Hirondelle, ou du souvenir"},"content":{"rendered":"<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Le BLOG de Beatrice Venezi \u2013 <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Ouverture<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Paris. Le Second Empire. Le Bar Bullier : de la fum\u00e9e, des verres, des \u00e9tudiants, des grisettes, un petit orchestre qui joue une valse. Tout le monde danse. Tout le monde rit. C\u2019est la&nbsp;<em>joie de vivre<\/em>, la joie de vivre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais \u00e9coutez bien. \u00c9coutez cette valse. Il y a quelque chose qui cloche. Derri\u00e8re cette f\u00eate se cache une m\u00e9lancolie tenace, comme si quelqu\u2019un observait cette f\u00eate de l\u2019ext\u00e9rieur, \u00e0 travers une fen\u00eatre, comme si la f\u00eate \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 termin\u00e9e, et que ce que nous entendons n\u2019\u00e9tait que son souvenir.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et voil\u00e0, vous y \u00eates d\u00e9j\u00e0&nbsp;<em>L'Hirondelle<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 2017, j\u2019ai eu le privil\u00e8ge de diriger cette \u0153uvre \u00e0 l\u2019occasion du centenaire exact de sa cr\u00e9ation : 1917\u20132017. J\u2019ai pass\u00e9 des mois \u00e0 me plonger dans une partition que tr\u00e8s peu de gens connaissent. Peu jou\u00e9e, peu appr\u00e9ci\u00e9e, et certainement sous-estim\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est Puccini \u00e0 son apog\u00e9e de raffinement orchestral absolu. Une musique brillante, ironique, l\u00e9g\u00e8re comme seule peut l\u2019\u00eatre une musique qui cache quelque chose de profond. Et c\u2019est un op\u00e9ra controvers\u00e9 d\u00e8s sa naissance : il a \u00e9t\u00e9 command\u00e9 par les impr\u00e9sarios du Carltheater de Vienne, puis la guerre a \u00e9clat\u00e9. L\u2019Italie d\u2019un c\u00f4t\u00e9, l\u2019Autriche de l\u2019autre, et Puccini, qui avait sign\u00e9 un contrat avec Vienne, se retrouve accus\u00e9 de sympathies pro-autrichiennes. Le plus italien des compositeurs, soup\u00e7onn\u00e9 de ne pas \u00eatre assez italien.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Comme vous pouvez le constater, ce n'est pas moi qui ai lanc\u00e9 ces pol\u00e9miques.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Si je devais donner un sous-titre \u00e0 cette \u0153uvre, ce serait celui-ci :&nbsp;<em>L'Hirondelle, ou du souvenir<\/em>. Un souvenir empreint de nostalgie. Passons ensemble en revue ces trois actes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Premier acte.<\/strong>&nbsp;Magda, entretenue par le riche banquier Rambaldo, raconte \u00e0 ses amies et au po\u00e8te Prunier \u2014 une caricature de D\u2019Annunzio, ce qui vaut \u00e0 lui seul le prix du billet \u2014 un \u00e9pisode de son adolescence : un soir, elle s\u2019\u00e9tait enfuie de chez sa vieille tante, s\u2019\u00e9tait pr\u00e9cipit\u00e9e au Bar Bullier, et c\u2019est l\u00e0 qu\u2019elle avait rencontr\u00e9 un jeune homme dont elle \u00e9tait tomb\u00e9e amoureuse. Une aventure de quelques heures seulement, mais qu\u2019elle n\u2019a jamais oubli\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Magda se souvient.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Deuxi\u00e8me acte.<\/strong>&nbsp;Magda s'enfuit \u00e0 nouveau. Cette fois-ci, pas chez sa tante : chez Rambaldo. Et o\u00f9 va-t-elle ? Au Bar Bullier. Exactement comme il y a de nombreuses ann\u00e9es. L\u00e0, elle rencontre Ruggero, un jeune homme de province qui passe sa premi\u00e8re soir\u00e9e \u00e0 Paris. Elle tombe sous son charme. Et elle lui demande \u2014 attention \u2014 de refaire exactement la m\u00eame chose que lors de cet \u00e9pisode lointain. La m\u00eame table, les m\u00eames gestes. Elle ne vit pas un moment nouveau : elle reconstitue un moment pass\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Magda se souvient.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Troisi\u00e8me acte.<\/strong>&nbsp;Les deux amants, loin de Paris, sur la C\u00f4te d'Azur. Et que chantent-ils ? Le souvenir de leur premi\u00e8re rencontre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Magda se souvient. Toujours. Uniquement.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Voil\u00e0 la mal\u00e9diction de Magda : elle a un r\u00eave \u2014 le m\u00eame que celui de Doretta, celui du c\u00e9l\u00e8bre air \u2014 mais elle n\u2019arrive pas \u00e0 le projeter dans l\u2019avenir. Elle n\u2019arrive m\u00eame pas \u00e0 vivre le pr\u00e9sent. Elle ne sait que se replier sur ses souvenirs, et ces souvenirs, \u00e0 force d\u2019y vivre, s\u2019\u00e9puisent.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et qui sait s\u2019il n\u2019y a pas l\u00e0 une touche autobiographique. Car en 1917, Puccini lui-m\u00eame fait ses adieux \u00e0 quelque chose : son ancien langage. Avec&nbsp;<em>La Jeune Fille de l'Ouest<\/em>&nbsp;Il a d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 \u00e0 s'en d\u00e9tourner, il cherche une nouvelle voie.&nbsp;<em>\u00ab L'Hirondelle \u00bb, ou du d\u00e9tachement.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Op\u00e9rette ou pas op\u00e9rette ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La question que tout le monde se pose. R\u00e9pondons en tant que musiciens, et non en tant que fans. D\u2019un point de vue formel, non : ce n\u2019est pas une op\u00e9rette. Il n\u2019y a pas de num\u00e9ros ferm\u00e9s, ni de dialogues parl\u00e9s. C\u2019est une com\u00e9die lyrique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais\u2026 Il y a un \u00ab mais \u00bb aussi grand que le Carltheater de Vienne. Cet op\u00e9ra regorge d\u2019\u00e9l\u00e9ments stylistiques emprunt\u00e9s \u00e0 l\u2019op\u00e9rette : valses, polkas, et m\u00eame le fox-trot, la danse \u00e0 la mode \u00e0 l\u2019\u00e9poque. En 1917, Puccini int\u00e8gre le fox-trot dans sa partition. Ce serait comme si, aujourd\u2019hui, un compositeur d\u2019op\u00e9ra \u00e9crivait sur un rythme de reggaeton \u2014 et je vous assure que cela ferait tout autant scandale.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais c\u2019est \u00e7a, Puccini : s\u2019ancrer dans le contemporain, s\u2019enrichir d\u2019autres genres, faire un clin d\u2019\u0153il \u00e0 des formes et \u00e0 des langages \u00e9trangers \u00e0 la tradition italienne, dont il conserve toutefois la structure intacte. Une signature internationale aux racines profond\u00e9ment italiennes. Ce n\u2019est pas une trahison du style puccinien, c\u2019est exactement le style puccinien.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et venons-en \u00e0&nbsp;<strong>valse<\/strong>, qui, dans cette \u0153uvre, n\u2019est pas une danse. C\u2019est une po\u00e9tique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il y a un compositeur qui a utilis\u00e9 la valse exactement de la m\u00eame mani\u00e8re : Tcha\u00efkovski. Et les similitudes entre les deux sont bien plus nombreuses qu\u2019on ne le pense, notamment la pr\u00e9cision maniaque de l\u2019\u00e9criture orchestrale, qui ne laisse aucun doute sur la volont\u00e9 de l\u2019auteur, comme si tous deux nous disaient : \u201c Fais exactement ce qui est \u00e9crit, et ce sera juste. \u201d Parole de chef d\u2019orchestre : c\u2019est vrai. Pour Tcha\u00efkovski, la valse est une f\u00eate vue \u00e0 travers une fen\u00eatre, de l'ext\u00e9rieur, au loin, ou bien le souvenir d'un temps heureux (encore une fois, le souvenir) : la joie de la danse est racont\u00e9e avec la tristesse dans le c\u0153ur de celui qui ne peut pas participer \u00e0 la f\u00eate.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans&nbsp;<em>L'Hirondelle<\/em>&nbsp;C'est la m\u00eame chose qui se passe. La&nbsp;<em>joie de vivre&nbsp;<\/em>Elle est fictive, on s\u2019en rend compte d\u00e8s les premi\u00e8res mesures. Tout le paysage sonore est impr\u00e9gn\u00e9 d\u2019une po\u00e9tique qui exalte le caract\u00e8re dramatique des petites choses. Et ce n\u2019est pas tout. \u00c9coutez la grande fresque chorale du deuxi\u00e8me acte : ce rythme ternaire qui tourne, tourne, tourne. \u00c0 la m\u00eame \u00e9poque, entre le XIXe et le XXe si\u00e8cle, d\u2019autres compositeurs utilisaient le rythme ternaire de cette mani\u00e8re : Mahler dans la&nbsp;<em>Sermon sur le sifflement<\/em>, Ravel en&nbsp;<em>La Valse<\/em>. Le trois n'est plus de la danse : c'est le bruit du monde, l'agitation du monde, le tourbillon chaotique de l'existence dans lequel nous sommes tous plong\u00e9s et au sein duquel nous ne pouvons pas vraiment choisir notre direction.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Magda est prise dans ce tourbillon. En proie \u00e0 un d\u00e9sir d\u2019amour et de libert\u00e9 qu\u2019elle ne sait pas g\u00e9rer, au d\u00e9sir de sortir de sa cage dor\u00e9e \u2014 un peu comme Manon \u2014 et de prendre son envol, de partir&nbsp;<em>\u00ab Au-del\u00e0 de la mer, vers un pays de r\u00eave lumineux\u2026 vers le soleil, vers l\u2019Amour \u00bb<\/em>. C'est l\u00e0 le d\u00e9sarroi de l'homme moderne, et Puccini le raconte dans un op\u00e9ra concret, impr\u00e9gn\u00e9 de cynisme et de pragmatisme, o\u00f9 tout \u00e9lan vers les grands id\u00e9aux se heurte, en fin de compte, \u00e0 la duret\u00e9 de la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Magda, 1917<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Arr\u00eatons-nous un instant sur cette femme.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Magda est une femme extr\u00eamement moderne pour une femme n\u00e9e en 1917. Une femme libre, qui prend son destin en main et assume les responsabilit\u00e9s qui en d\u00e9coulent. Elle ne demande pas la permission. Elle ne demande pas pardon.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elle partage, du moins en partie, le sort des autres h\u00e9ro\u00efnes de Puccini : \u00eatre condamn\u00e9e d\u2019embl\u00e9e par son propre caract\u00e8re. Le naturalisme de Puccini ne laisse aucune issue \u00e0 personne, pas m\u00eame \u00e0 une hirondelle, aussi fort qu\u2019elle s\u2019efforce de s\u2019envoler au loin.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et cela nous am\u00e8ne \u00e0 cette fin \u00e9nigmatique. L\u2019interpr\u00e9tation courante de cette fin, adopt\u00e9e par un grand nombre de metteurs en sc\u00e8ne, est la suivante : Magda, vaincue, retourne \u00e0 Paris aupr\u00e8s du riche banquier. Fin de l\u2019histoire, l\u2019hirondelle rentre dans sa cage. Mais je n\u2019en suis pas du tout convaincue car, dans la partition de 1917, Magda quitte Ruggero, certes, mais nous ne voyons jamais o\u00f9 elle va. Le retour chez Rambaldo n\u2019est pas \u00e9crit : c\u2019est une d\u00e9duction de notre part, pas de celle de Puccini. Cette fin n\u2019a jamais cess\u00e9 de tourmenter m\u00eame son auteur. Puccini remanie l\u2019op\u00e9ra et la fin \u00e0 deux autres reprises (au total, nous en avons trois versions : 1917, 1920, 1921), allant m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 renverser la fin : dans la deuxi\u00e8me version, c\u2019est Ruggero qui abandonne Magda, apr\u00e8s avoir re\u00e7u une lettre anonyme qui lui r\u00e9v\u00e8le le pass\u00e9 de celle-ci.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Puccini meurt sans avoir fait son choix. La fin de&nbsp;<em>L'Hirondelle<\/em>&nbsp;Il est rest\u00e9 ouvert parce que le premier \u00e0 ne pas savoir le fermer, c'\u00e9tait justement son auteur.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Alors, j'aime \u00e0 penser autre chose. Que Magda \u2014 une femme pragmatique, certes, mais pas cynique ; une Carmen moderne qui revendique avec force sa libert\u00e9 \u2014 ne revienne pas du tout en arri\u00e8re ; qu'elle recommence simplement \u00e0 migrer, pour suivre son propre chemin, pour chercher son propre nid.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C'est comme \u00e7a que font les hirondelles. Elles s'en vont. Et le fait qu'on ne les voie plus ne veut pas dire qu'elles sont retourn\u00e9es dans leur ancienne cage.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cela signifie simplement que le ciel est immense.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Beatrice Venezi<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il BLOG di Beatrice Venezi &#8211; Apertura Parigi. Secondo Impero. Il Bar Bullier: fumo, bicchieri, studenti, grisettes, un&#8217;orchestrina che suona un valzer. Tutti ballano. Tutti ridono. \u00c8 la&nbsp;joie de vivre, la gioia di vivere. Ascoltate bene, per\u00f2. Ascoltate quel valzer. C&#8217;\u00e8 qualcosa che non torna. Sotto la festa c&#8217;\u00e8 una [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":9112,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_wpzoom_pinterest_image_url":"","_wpzoom_pinterest_hidden_image":"0","_wpzoom_pinterest_description":"","_jetpack_feature_clip_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[110],"tags":[111,66,129],"class_list":["post-9108","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-beatrice-venezi-blog","tag-blogbeatricevenezi","tag-giacomopuccini","tag-larondine"],"jetpack_sharing_enabled":true,"featured_media_urls":{"thumbnail":["https:\/\/www.beatricevenezi.it\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/bv_BLOG_2026.08.21_La-Rondine_cover-150x150.jpg",150,150,true],"medium":["https:\/\/www.beatricevenezi.it\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/bv_BLOG_2026.08.21_La-Rondine_cover-300x178.jpg",300,178,true],"medium_large":["https:\/\/www.beatricevenezi.it\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/bv_BLOG_2026.08.21_La-Rondine_cover-768x455.jpg",768,455,true],"large":["https:\/\/www.beatricevenezi.it\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/bv_BLOG_2026.08.21_La-Rondine_cover.jpg",810,480,false],"1536x1536":["https:\/\/www.beatricevenezi.it\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/bv_BLOG_2026.08.21_La-Rondine_cover.jpg",810,480,false],"2048x2048":["https:\/\/www.beatricevenezi.it\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/bv_BLOG_2026.08.21_La-Rondine_cover.jpg",810,480,false],"trp-custom-language-flag":["https:\/\/www.beatricevenezi.it\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/bv_BLOG_2026.08.21_La-Rondine_cover.jpg",18,12,false],"ultp_layout_landscape_large":["https:\/\/www.beatricevenezi.it\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/bv_BLOG_2026.08.21_La-Rondine_cover.jpg",810,480,false],"ultp_layout_landscape":["https:\/\/www.beatricevenezi.it\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/bv_BLOG_2026.08.21_La-Rondine_cover.jpg",810,480,false],"ultp_layout_portrait":["https:\/\/www.beatricevenezi.it\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/bv_BLOG_2026.08.21_La-Rondine_cover-600x480.jpg",600,480,true],"ultp_layout_square":["https:\/\/www.beatricevenezi.it\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/bv_BLOG_2026.08.21_La-Rondine_cover-600x480.jpg",600,480,true],"loop":["https:\/\/www.beatricevenezi.it\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/bv_BLOG_2026.08.21_La-Rondine_cover-810x320.jpg",810,320,true],"featured":["https:\/\/www.beatricevenezi.it\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/bv_BLOG_2026.08.21_La-Rondine_cover-431x255.jpg",431,255,true],"featured@2x":["https:\/\/www.beatricevenezi.it\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/bv_BLOG_2026.08.21_La-Rondine_cover.jpg",810,480,false],"featured-fixed":["https:\/\/www.beatricevenezi.it\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/bv_BLOG_2026.08.21_La-Rondine_cover-431x265.jpg",431,265,true],"featured-fixed@2x":["https:\/\/www.beatricevenezi.it\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/bv_BLOG_2026.08.21_La-Rondine_cover.jpg",810,480,false],"featured-wide":["https:\/\/www.beatricevenezi.it\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/bv_BLOG_2026.08.21_La-Rondine_cover.jpg",810,480,false],"featured-cat":["https:\/\/www.beatricevenezi.it\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/bv_BLOG_2026.08.21_La-Rondine_cover-256x167.jpg",256,167,true],"featured-cat@2x":["https:\/\/www.beatricevenezi.it\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/bv_BLOG_2026.08.21_La-Rondine_cover-512x334.jpg",512,334,true],"single-featured":["https:\/\/www.beatricevenezi.it\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/bv_BLOG_2026.08.21_La-Rondine_cover.jpg",810,480,false],"single-featured@2x":["https:\/\/www.beatricevenezi.it\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/bv_BLOG_2026.08.21_La-Rondine_cover.jpg",810,480,false],"carousel":["https:\/\/www.beatricevenezi.it\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/bv_BLOG_2026.08.21_La-Rondine_cover-276x180.jpg",276,180,true],"portfolio_item-thumbnail":["https:\/\/www.beatricevenezi.it\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/bv_BLOG_2026.08.21_La-Rondine_cover.jpg",600,356,false],"portfolio_item-thumbnail@2x":["https:\/\/www.beatricevenezi.it\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/bv_BLOG_2026.08.21_La-Rondine_cover.jpg",810,480,false],"portfolio_item-masonry":["https:\/\/www.beatricevenezi.it\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/bv_BLOG_2026.08.21_La-Rondine_cover.jpg",600,356,false],"portfolio_item-masonry@2x":["https:\/\/www.beatricevenezi.it\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/bv_BLOG_2026.08.21_La-Rondine_cover.jpg",810,480,false],"portfolio_item-thumbnail_cinema":["https:\/\/www.beatricevenezi.it\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/bv_BLOG_2026.08.21_La-Rondine_cover.jpg",565,335,false],"portfolio_item-thumbnail_portrait":["https:\/\/www.beatricevenezi.it\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/bv_BLOG_2026.08.21_La-Rondine_cover.jpg",600,356,false],"portfolio_item-thumbnail_portrait@2x":["https:\/\/www.beatricevenezi.it\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/bv_BLOG_2026.08.21_La-Rondine_cover.jpg",810,480,false],"portfolio_item-thumbnail_square":["https:\/\/www.beatricevenezi.it\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/bv_BLOG_2026.08.21_La-Rondine_cover.jpg",800,474,false]},"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/www.beatricevenezi.it\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/bv_BLOG_2026.08.21_La-Rondine_cover.jpg","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.beatricevenezi.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9108","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.beatricevenezi.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.beatricevenezi.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.beatricevenezi.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.beatricevenezi.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9108"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.beatricevenezi.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9108\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9111,"href":"https:\/\/www.beatricevenezi.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9108\/revisions\/9111"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.beatricevenezi.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9112"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.beatricevenezi.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9108"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.beatricevenezi.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9108"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.beatricevenezi.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9108"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}