Sosa Battaglia: "Il Teatro Colón presenta in prima assoluta Pagliacci e Cavalleria Rusticana"
Beatrice Venezi - Critiques

Sosa Battaglia : “ Le Théâtre Colón présente en première absolue *Pagliacci* et *Cavalleria Rusticana* ”

La mise en scène de Beatrice Venezi s'impose, sans l'ombre d'un doute, comme l'élément le plus cohérent et le plus soigné de toute la production.

“ Ce n’est qu’en concentrant l’attention sur la fosse d’orchestre que la soirée trouve ses fondements les plus solides. La direction de Beatrice Venezi s’impose, sans l’ombre d’un doute, comme l’élément le plus cohérent et le plus minutieusement soigné de toute la production. Car là où la scène s’éparpille et où les voix vacillent, la baguette trouve toute sa raison d’être. Venezi tire de la partition une richesse de nuances qui ne résonnent pas toujours sur scène : un orchestre qui respire, qui se tend, qui émerge de conflits instrumentaux internes et qui révèle – au fil de la soirée – un processus d’affinage qui témoigne autant de la tradition que de son travail auprès de ses maîtres.

La nouvelle production de *Pagliacci* et *Cavalleria rusticana* au Théâtre Colón se présente sous le signe d’une ambition esthétique sans compromis : elle bouleverse l’ordre traditionnel, utilise le cinéma comme prisme conceptuel et s’arroge le droit de réinterpréter – voire de réécrire – les codes du vérisme. Le résultat… eh bien, le résultat mérite d’être regardé d’un œil critique… et de l’autre, celui qui refuse de se taire.

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La baguette : le véritable pouls de la nuit
“ Et ce n’est qu’en se concentrant sur la fosse d’orchestre que la soirée trouve son point fort. La direction de Béatrice Venezi s’impose sans conteste comme l’élément le plus cohérent et le plus soigneusement élaboré de toute la production. ».
Car là où la scène s’égare et où les voix vacillent, la baguette prend tout son sens. Venezi tire de la partition une multitude de nuances qui ne résonnent pas toujours sur scène : un orchestre qui respire, qui se tend, qui émerge de conflits instrumentaux internes et qui révèle, au fil de la soirée, un processus d’affinage qui témoigne autant de la tradition que de son travail avec ses professeurs.
C'est dans la fosse que, finalement, le drame se déroule.
Son interprétation ne se contente pas d’accompagner : elle témoigne d’une compréhension organique du vérisme, d’une manière de faire coexister le théâtral et l’intime, de créer des atmosphères sans recourir à des effets trop appuyés. En tant qu’Italienne, Venezi comprend cet équilibre délicat entre excès et retenue, entre sang et forme. Et elle le rend visible.
” Elle sait très bien de quoi il s'agit. »